ENQUETE 2012 – « Demain, quelles Politiques de la Ville pour quels territoires ? »

L’IRDSU réalise chaque année depuis 2009 une enquête nationale auprès des professionnels de la Politique de la Ville et du Développement Social Urbain, quelles que soient leur fonction ou leur responsabilité dans les équipes-projet locales. Elle permet d’alimenter une série de rencontres qui ont lieu avec l’Etat (SG-CIV, ACSé, ANRU) et avec l’ensemble des acteurs de la Politique de la Ville : Conseil National des Villes, associations d’élus, parlementaires, réseaux associatifs, élus et partenaires locaux,…

Cette enquête alimentera également cette année la contribution de l’IRDSU à la concertation nationale lancée par le Ministre de la Ville sur la réforme de la Politique de la Ville.

telecharg color NEWENQUETE ANNUELLE 2012 – « Demain, quelles Politiques de la Ville pour quels territoires ? » – LA SYNTHESE

L’ESSENTIEL DE L’ENQUETE :
« Demain, quelles Politiques de la Ville pour quels territoires ? »

Les Politiques de la Ville se sont largement complexifiées ces dernières années, notamment en s’adaptant aux réalités socio-économiques, urbaines et politiques de chacun des territoires. Il est donc difficile aujourd’hui de définir des règles ou des objectifs uniques pour l’ensemble des projets locaux ou des dispositifs réunis dans la “Politique de la Ville”. De même que, dans le contexte de la décentralisation, elle ne peut pas être réduite au cadre et aux moyens définis par l’Etat.

Il s’agit donc aujourd’hui de mesurer d’un côté ce qui fait consensus en termes d’orientations nationales et de l’autre les marges de manœuvre à introduire pour adapter la Politique de la Ville aux contextes et aux volontés locales.

Le but de cette enquête d’opinion auprès des professionnels est donc de repartir de la réalité des territoires pour contribuer à identifier les objectifs et les moyens à mettre en œuvre dans les prochaines années.

-  Qui sont les professionnels qui ont répondu à l’enquête ?
Cette enquête s’appuie sur les réponses de 152 professionnels du développement social urbain, de 21 des 22 régions métropolitaines (dont environ un tiers en Ile-de-France).

1- L’observation des territoires

Si une majorité des territoires a des moyens d’observation, il s’avère néanmoins que 25 % n’en disposent pas et que 35 % les jugent insuffisants. Quant à leur amélioration possible, elle passerait avant tout par un travail sur la disponibilité des données et la coordination entre les acteurs.

2- Les géographies prioritaires

Peu de sites notent un décalage entre les zonages règlementaires (ZUS, ZRU, ZFU, CUCS) et leur propre périmètre d’intervention ou d’organisation de leurs missions.
Mais ce qu’ils mettent en avant, c’est la question des échelles et des stratégies territoriales à articuler, de l’îlot au bassin de vie. Et c’est l’idée d’un périmètre de projet “complexe” qui se dessine, défini localement, assurant la cohérence entre des politiques publiques et des dispositifs multiples. Tout en permettant l’observation et les ajustements dans le temps.

3- Les enjeux de la prochaine génération de Projets de Territoire

Face à la dégradation de la situation socio-économique, c’est l’accès à l’emploi qui semble être l’enjeu principal de ces futurs Projets de Territoire. Mais les approches restent très partagées entre intervention auprès des habitants, transformation du territoire, enjeux de gouvernance et d’organisation, voire enjeux “de principe” comme le “vivre ensemble” ou le développement durable.
Quant aux enjeux opérationnels, c’est toujours la question des moyens à mobiliser – notamment de droit commun – qui reste centrale.

4- La gouvernance du projet

L’idée d’un “chef de file” garant de la cohérence du projet semble intéresser les professionnels. Mais c’est plutôt à une “gouvernance partagée” où le partage des rôles – à définir localement – s’appuie sur la capacité de l’intercommunalité à avoir une vision globale et à mutualiser des moyens.
Cette gouvernance “partagée” s’appuie également sur un véritable partenariat où, notamment, le Conseil Général et le Conseil Régional se re-mobilisent pleinement. Quant aux habitants, non seulement leur place doit être renforcée, mais c’est en amont du projet de territoire que le développement de leur “pouvoir d’agir” doit être rendu possible.

5- L’ingénierie locale

Presque une moitié des professionnels juge que l’ingénierie est insuffisante sur leur territoire, parfois même pour le pilotage du projet. Mais en termes d’amélioration, c’est la question de la coordination qui vient en priorité.
Quant aux services de l’Etat, les professionnels attendent un réengagement fort dans une dynamique de projet partagé. Ils attendent également que “l’Etat local” joue bien son rôle d’appui et de garant – plutôt que d’injonction et de contrôle – et ils identifient les conditions nécessaires pour que ce soit possible.

6- Le calendrier

Le consensus semble clair sur la nécessité de caler ces futurs contrats sur les mandats locaux. Même si la question de la place laissée aux éventuelles nouvelles équipes après les élections municipales n’est pas tranchée.
Par ailleurs, les professionnels considèrent que le temps d’élaboration du nouveau projet par les acteurs locaux doit tourner autour de 12 mois et en tout cas ne pas être inférieur à 6 mois.

Recherche avancée

Fermer ▲
Ouvrir ▼