Lutte contre les discriminations, se donner vraiment les moyens de l’action. Communiqué de l’IRDSU du 30 octobre 2018

L’IRDSU, Réseau national des professionnel.le.s de la politique de la ville, a réuni son groupe de travail dédié à la Lutte Contre les Discrimination (LCD) le jeudi 18 octobre à Strasbourg, à l’occasion de la semaine de l’égalité organisée par la ville de Strasbourg.

Ce fut pour ses membres l’occasion de renforcer leur conviction profonde que cette politique publique devait s’appuyer sur une stratégie d’alliance de toutes les forces engagées dans cette lutte, à commencer par les premier.ère.s concerné.e.s sans qui nous nous priverions d’un pilier essentiel de cette conduite du changement.

Une analyse de la situation nationale et de la manière dont est portée cette politique publique a été engagée. Le comité de pilotage du groupe a décrit une évolution inquiétante constatant que les moyens dédiés, humains et financiers, garants d’un véritable portage, n’ont cessé de s’amenuiser pour disparaître dans certains cas. Que l’effet levier que constituait le soutien de l’Etat fléché à l’endroit des plans de lutte contre les discriminations qui a permis d’engager une dynamique sur de nombreux territoires n’est plus qu’un lointain souvenir. Que, malgré l’obligation de l’inscrire dans le cadre des Contrats de Ville, le portage de cette politique publique souvent présentée comme prioritaire est soumis aux aléas de la diversité des contextes locaux.

Alors même que c’est la première fois que la LCD fait l’objet d’un intitulé explicite de ministère et que les professionnel.le.s devraient s’en féliciter, le constat est amer. En effet, ce ministère, dans sa dénomination « Egalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations » comporte en son sein l’une des difficultés auxquelles est confrontée cette politique publique.En effet, l’égalité femmes hommes, le racisme, l’antisémitisme, la radicalisation, toutes ces luttes mises en concurrence ont eu pour effet une dilution des énergies et des investissements jusqu’à en « invisibiliser » certaines. La juxtaposition continue de plans à annexer au contrat de ville ne peut raisonnablement pas être pensée comme productive.

Les professionnel.le.s appellent donc à ce qu’une attention particulière soit portée sur la manière dont les territoires peuvent rendre opérationnels des plans d’actions qui ont vocation à changer de manière profonde des pratiques et usages discriminatoires et promouvoir l’égalité réelle de traitement, condition sine qua non de notre pacte républicain. Cette attention doit se traduire notamment par la formation des différents services de l’Etat, les services des collectivités et des acteurs locaux, le financement de diagnostics territoriaux « intersectoriels » qui soient attentifs à toutes les formes de discrimination sur les territoires, une approche non concurrentielle des différents référentiels, une contribution au financement de postes de chargé.e.s de mission, un portage politique affirmé et constant notamment.

Pour finir, l’IRDSU souhaite développer, dans le cadre du groupe de travail LCD qu’il développe depuis plusieurs années, son espace de professionnalité sur l’égalité de traitement et la lutte contre les discriminations (qui constitue notre référentiel partagé), en l’ouvrant à nos partenaires tels que le réseau des élu.e.s, les collectifs d’habitant.e.s premier.ères concerné.e.s, les fédérations d’éducation populaire, et d’autres professionnel.les …. Et construire ensemble une démarche pour des états généraux de la lutte contre les discriminations que nous appelons de nos vœux.

En outre, alors que la Ville retrouve un ministère de plein exercice, ce que les professionnels interprètent positivement et de bon augure en termes de développement, cette question doit revenir dans l’actualité des contrats de ville.

 

Le Conseil d’Administration de L’IRDSU

 

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