« Nos 50 propositions aux décideurs pour des villes solidaires » en 2003

Depuis quelques mois, de nombreuses équipes projets nous font part de leurs inquiétudes quant aux hypothèques qui pèsent sur la poursuite de la politique de la ville. Ils s’alarment de la conjugaison des annonces de gels de crédits (FASILD, FSL…), du fait que certaines villes soient exsangues financièrement et que d’autres se démobilisent sur la nécessaire solidarité vis-à-vis de leurs quartiers en difficultés.

De nombreux élus, agents de l’Etat, services publics, organismes HLM et associations avec qui nous travaillons au quotidien sont eux aussi inquiets parce qu’ils dépendent financièrement très directement des crédits gelés, ou qu’ils aient recruté des agents de terrain dont les postes sont aidés par l’Etat.

Certaines associations vont devoir déposer le bilan, nombre de communes et organismes HLM préparent des licenciements secs de salariés (conseillères en économies sociales, agents de médiation, etc.) qui agissent au quotidien dans les quartiers prioritaires où le chômage, notamment des jeunes, se renforce à nouveau. Certains maires craignent d’avoir à gérer, dans les prochains mois, des situations de crises graves. Par ailleurs, nous assistons depuis quelques semaines à des remous inquiétants sur le devenir de la Politique de la Ville nationale : rumeurs et contre rumeurs sur la suppression de la Délégation Interministérielle à la Ville en échange de la création de l’agence nationale sur la rénovation urbaine, sur le  » rachat des Contrats de Ville « , sur le retour du  » tout urbain  » au détriment des autres volets qui seraient  » évacués  » vers les collectivités locales dans le cadre de la décentralisation, sur le retour du  » chacun chez soi  » et l’arrêt des contrats sous prétexte de simplification…

La Politique de la Ville a parfois mauvaise presse mais  » ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain « , c’est-à-dire n’attendons pas tout d’elle, et ne confondons pas procédures et projet de territoire. La Politique de la Ville et du développement social urbain a beaucoup apporté dans de nombreux sites par ses pratiques innovantes, mais elle ne peut pas résoudre seule de lourds problèmes de société ni se substituer à des politiques sectorielles parfois défaillantes.

Il ne s’agit pas pour nous de prôner l’immobilisme. Des adaptations sont nécessaires et la Politique de la Ville doit évoluer. Mais cela ne peut pas se faire avec précipitation et sans évaluation car le risque est de fragiliser la confiance nécessaire au travail de fond des acteurs qui sont en première ligne pour améliorer les conditions de vie des habitants. Le risque est de casser des dynamiques au lieu de les soutenir. En outre, nous croyons à la poursuite de la décentralisation pour améliorer l’efficacité collective si elle s’accompagne d’un renforcement du rôle du citoyen, d’une réforme des finances locales qui redistribue mieux les ressources entre villes riches et villes pauvres et d’un plan de transition cohérent pour lui laisser le temps d’être opérationnelle. Nous croyons aussi à la vertu du Contrat qui formalise un projet global partagé (à la fois urbain, économique, social…) car les problèmes à traiter nécessitent des coopérations et des responsabilités partagées dans la durée et non un partage strict des compétences. Supprimer le contrat ferait régresser l’action de chacun.

Enfin, pour nous, l’Etat doit rester dans le jeu pour garantir l’équité et la solidarité des territoires, mais son rôle doit être différencié selon la  » maturité  » des projets locaux et selon les moyens des villes. Nous souhaitons que la loi d’orientation sur la Ville et la rénovation urbaine qui sera examinée prochainement au Parlement soit l’occasion d’un vrai débat national sur le devenir de cette politique publique. La synthèse de nos  » 50 propositions pour des villes solidaires  » que vous découvrez dans ces pages est notre contribution collective au débat. Parce que le devenir de la Politique de la Ville et du développement social urbain est actuellement incertain, nous invitons chaque professionnel à réagir sur le projet de loi et à participer au débat avec les élus et les partenaires en lien avec les réseaux régionaux.

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