Plan « Espoir Banlieue »/communiqué de l’IRDSU et de AMADEUS

L’inter-réseaux DSU et l’association AMADEUS, deux réseaux de professionnels qui mettent en oeuvre les projets « politique de la Ville » au sein de plusieurs centaines de collectivités locales, se sont retrouvés vendredi 8 février 2008 pour faire une première lecture commune du discours du Président de la République.

Nous prenons acte que ce sujet, majeur pour l’avenir et la cohésion de notre pays, fasse l’objet d’une mobilisation du Président de la République.

Chacune de nos associations prendra le temps nécessaire pour analyser en détail le contenu de ce discours, mais la communication présidentielle nous conduit à réagir sur le constat suivant :

• Le « plan Espoir Banlieue » renvoie aux ministres le soin d’élaborer, ces prochains mois, chacun dans leur domaine, un programme sur trois ans. Alors que la préparation de ce plan est lancée depuis septembre dernier, il est regrettable qu’aucune mesure précise ou engagement financier nouveau ne soit annoncé, contrairement à ce qui était indiqué dans le discours de Fadela Amara du 22 janvier 2008 à Vaulx-en-Velin. Le seul élément chiffré annoncé (500 millions d’euros) se réfère à une enveloppe financière déjà promise dans le cadre du Grenelle de l’environnement.

• S’il pointe avec justesse la trop faible implication des politiques de droit commun et s’il fixe plusieurs orientations intéressantes en matière d’emploi, de désenclavement, d’éducation et de retour à des équipes territorialisées de la Police Nationale, il passe sous silence, par exemple, la question de la justice, de l’accès aux droits, de la prévention de la délinquance ou même de la lutte contre les discriminations. Il reste flou sur les objectifs fixés en matière de plus grande solidarité financière envers les communes pauvres.

Notre engagement professionnel depuis vingt-cinq ans dans le Développement Social Urbain, le Renouvellement Urbain et la Cohésion Sociale nous donne toute légitimité pour :

• Affirmer que la Politique de la Ville n’a pas été dispendieuse pour l’Etat : elle ne représente que 0,37% du budget national

• Ne pas accepter que la Politique de la Ville soit définie comme relevant de « l’assistanat »

• Nous étonner qu’aucune référence ne soit faite au caractère contractuel de cette politique, et donc aux élus locaux, alors que les collectivités locales financent aujourd’hui une très large part des actions Politique de la Ville.

• Rappeler que la prise en compte particulière de chaque territoire ne s’oppose pas à l’aide et au suivi individualisé des populations, mais qu’elle en est complémentaire.

Nos deux associations professionnelles demandent à être associées au travail de mobilisation des ministères pour assurer la cohérence avec les enjeux spécifiques de chaque territoire tels que définis, dans le cadre des CUCS et des Programmes de rénovation urbaine.

La politique de la Ville, pour gagner en efficacité, doit en effet conserver son ancrage et son adaptation aux réalités locales, avec des objectifs déclinés sur chaque territoire dans le cadre d’un contrat entre l’Etat et les différentes collectivités

Contacts :

Sylvie REBIERE POUYADE, présidente IRDSU <05 59 50 21 40> s.rebiere-pouyade@cvab.fr

Patrice ALLAIS, président AMADEUS <02.23.62.22.00> pallais@ville-rennes.fr

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