Renaud Epstein à l’AG de l’IRDSU en 2008 : « Quels enjeux pour les professionnels du développement local face à la réorganisation de l’Etat ? »

Renaud Epstein est consultant indépendant, après avoir longtemps travaillé avec la coopérative Acadie. Il est aussi chercheur et enseigne à Sciences Po où il mène un séminaire sur la Politique de la ville. Il devrait présenter sa thèse en septembre : »Gouverner à distance – La rénovation urbaine : démolition/reconstruction de l’Etat »…

Dans le prolongement de son article « L’éphémère retour des villes – L’autonomie locale à l’épreuve des recompositions de l’Etat » (ESPRIT, février 2008) il nous propose une réflexion sur l’évolution de le gestion des territoires. Réflexion centrée sur l’organisation politico-administrative de l’Etat.

Partant de l’évolution du discours des représentants de l’Etat (DIV et ACSE par exemple) Renaud Epstein interroge la position de la Politique de la Ville dans les politiques publiques. Marginale ou centrale, faible de poids mais très présente dans les débats, finalement prise comme modèle pour des projets intégrés, elle est au coeur des recompositions de l’Etat.

Mais c’est cette recomposition qui intéresse Epstein. Le contexte dans lequel se développent les politiques de développement social et local. Car la combinaison de l’acte II de la décentralisation et de la L.O.L.F. amène une nouvelle donne de la gestion territoriale, dans un « double mouvement d’affaiblissement de l’Etat local et de renforcement du pouvoir central ».

Dans son intervention, Epstein analyse , à partir de l’acte I de la décentralisation et jusqu’à la création des agences (ANRU, ACSE,….) ce mouvement : marginalisation des services déconcentrés, nouveaux instruments d’intervention au niveau central, centralisation des crédits, logique d’appel à projets et de mise en concurrence, renforcement de l’autonomie et la responsabilité des opérateurs, remise en cause de la transversalité des projets et de la coopération intercommunale, etc.

Il analyse ce mouvement comme une véritable « rupture historique » dans l’organisation politico-administrative d’un Etat « entraîneur » (là où il fut « animateur ») d’une mise en concurrence des territoires.

L’enjeu pour les acteurs du développement local est alors, dans la lignée de la politique de la ville, de défendre le projet. Le projet local, transversal, intégré. Mais aussi de faire la preuve d’une capacité à mobiliser des « ressources extra locales » ou à assurer l’ingénierie financière. Le deux combinés permettant « d’instrumentaliser l’appel à projet par le projet », de porter des projets territoriaux plutôt que de rester des gestionnaires de programmes thématiques.

Une analyse éclairante à retrouver dans l’enregistrement de son intervention (ci-dessous) et dans l’article d’ESPRIT.

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